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Philippe De Jonckheere
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Mail pornography
Le texte

Mail 6









































Mail pornography (mot à mot pornographie postale, en Anglais jeu de mots sur mail : la poste, et male : masculine, les deux mots étant prononcés de la même manière). Comme de trop nombreux politiciens américains sont de plus en plus enclin à mettre en danger le monde des arts, par de regrettables impositions de lois visant à faciliter l’emploi de la censure à l’encontre des artistes subversifs (cf procès de M Barrie, directeur du Musée d’Art Contemporain de Cincinatti, Ohio, en octobre 90, polémiques du Sénateur Jesse Helms de la Caroline du Nord, en faveur de critère moraux pour l’attribution des bourses du National Endowment for the Arts, en août 89), de nombreux artistes américains ont réagi, organisant de larges manifestations (’A day without Art’, refus des bourses du NEA ... ) Des expositions ont aussi eu lieu, le projet Mail pornography a fait partie de plusieurs. Les images de Mail pornography sont des reprographies photographiques directement faites d’ après d’authentiques pages de magazines pornographiques, la plupart on été cependant aggrandies, réduites ou recadrées. Les copies ainsi obtenues furent ensuite incluses dans des enveloppes de papier cristal, dont les services postaux se servent pour l’emballage de timbres comménioratifs. Des timbres de 25 cents, représentant le drapeau américain (le drapeau étant lui-même le centre d’une polémique de censure envers des artistes et groupes politiques et ethniques, pratiquant sa souillure et ou sa destruction symboliques) flottant glorieusement sur fond de ciel azur et légèrement nuageux furent ensuite collés sur les enveloppes pour affranchissement Du scotch noir opaque scelle les enveloppes qui me furent renvoyées, postées à des bureaux de poste différents de la ville de Chicago. Au total, un compte de 24/25 des enveloppes initialement postées atteignirent leur destination : une performance remarquable pour les services postaux américains surtout ceux de Chicago.

Ce travail veut être une dénonciation de la censure imposée sur les arts aussi crus soient-ils, sous pretexte de protéger la population de leur caractère subversifs quand au même moment, il semble que la pornographie la plus crue et minimale voyage parfaitement via la poste, une institution d’Etat, dont des lois internes interdisent pareil usage de leur services. Combien injuste il parait de censurer une expression érotique artistique, dans le but de la protection des bonnes moeurs, si la population objet de cette protection donne tous les signes d’une d’une très grande acceptance d’une véritable pornographie, sans talent, sexiste et dépravante.

Philippe De Jonckheere


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